🛡️ Wallet → Wallet : quelles mesures de mitigation face aux risques BC/FT ?
Face aux risques de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme (BC/FT) liés aux transactions wallet → wallet, l’enjeu pour les institutions africaines n’est pas de freiner l’innovation, mais de mettre en place des mécanismes de mitigation intelligents et adaptés.
La première priorité repose sur le renforcement des exigences autour des points d’entrée et de sortie de l’écosystème. Les VASP doivent appliquer des procédures rigoureuses de KYC/KYT, afin d’identifier les utilisateurs avant qu’ils n’interagissent avec des wallets externes. Cela permet de créer un premier niveau de traçabilité, même lorsque les fonds quittent une plateforme centralisée.
Ensuite, l’intégration d’outils d’analyse blockchain devient essentielle. Grâce à ces solutions, les institutions peuvent suivre les flux on-chain, détecter des schémas suspects (layering, fragmentation des transactions, interaction avec des adresses à risque) et reconstituer des réseaux financiers. Cette capacité transforme la blockchain en un véritable outil de renseignement financier, plutôt qu’un simple vecteur de risque.
Par ailleurs, l’extension progressive des exigences de la Travel Rule constitue un levier clé. Bien que son application aux wallets non custodial reste complexe, certaines approches hybrides émergent, notamment via l’identification des contreparties lors des interactions avec les VASP. Cela permet de réduire l’anonymat fonctionnel sans remettre en cause la nature décentralisée des actifs virtuels.
Un autre axe stratégique concerne le renforcement des capacités institutionnelles. Les cellules de renseignement financier doivent être formées aux spécificités des actifs virtuels, avec des équipes dédiées capables d’exploiter les données on-chain et de collaborer avec les acteurs privés. Dans ce cadre, le rôle du est central pour accompagner les États dans la montée en compétence et l’harmonisation des pratiques.
Enfin, la coopération régionale et internationale reste indispensable. Les flux crypto étant par nature transfrontaliers, aucune stratégie nationale isolée ne peut être pleinement efficace. L’alignement sur les standards du , combiné à une collaboration active entre régulateurs, VASP et forces de l’ordre, permet de réduire significativement les zones grises exploitées par les acteurs illicites.
En définitive, la mitigation des risques liés aux transactions wallet → wallet repose sur un équilibre : renforcer la surveillance sans casser l’innovation. Bien encadrée, la crypto ne subit pas la conformité… elle devient un outil puissant au service de la transparence financière.
Mitiger le risque, ce n’est pas bloquer la crypto.
C’est apprendre à lire ce qu’elle révèle.