18 avril 2026 — L’éclaircie n’aura duré qu’une nuit.
Ce samedi 18 avril au matin, l’Iran annonce la fermeture du stratégique détroit d’Ormuz, alors que la veille, il avait été complètement rouvert pour les navires commerciaux. Un retournement brutal, qui illustre toute la volatilité d’une crise qui dure depuis près de deux mois.
Un espoir balayé en quelques heures
Moins de 24 heures après l’annonce de la réouverture du détroit, l’Iran revient sur sa décision et proclame, samedi 18 avril, la télévision d’État : « Le statut du détroit d’Ormuz revient à son état initial. Il reste sous le contrôle strict de nos forces armées. »
Au moins huit navires pétroliers et méthaniers avaient traversé tôt samedi le détroit, l’Iran l’ayant déclaré ouvert vendredi après-midi pour la durée du cessez-le-feu. La douche froide pour les armateurs et les marchés financiers n’en a été que plus brutale.
Le bras de fer Iran–États-Unis
La raison de ce revirement est claire : l’Iran reprend « le strict contrôle » du détroit en réaction au maintien du blocus américain des ports iraniens. Téhéran avait pourtant fait un geste en « acceptant de bonne foi d’autoriser le passage d’un nombre limité de pétroliers », mais dénonce que les Américains « continuent de se livrer à des actes de piraterie sous couvert du soi-disant blocus ».
De son côté, Donald Trump a affirmé que le blocus américain des ports iraniens demeurerait « totalement en vigueur » jusqu’à la fin des négociations, qualifiant la manœuvre iranienne de « chantage ».
Une crise débutée fin février
Le détroit d’Ormuz connaît depuis le 28 février 2026 d’importantes perturbations géopolitiques et économiques à la suite de frappes militaires conjointes des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, qui ont notamment entraîné la mort du Guide suprême iranien Ali Khamenei.
Depuis le début de la guerre, le trafic maritime est pratiquement à l’arrêt, avec un transit limité — de 160 navires transitant par le détroit le 27 février à seulement 12 par jour en moyenne au cours du mois de mars. Au moins 19 navires civils — pétroliers, porte-conteneurs et autres cargos — ont été attaqués dans le détroit.
Une menace planétaire pour l’énergie
L’enjeu dépasse largement la région. Un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux transitent habituellement par le détroit d’Ormuz.
Le 21 mars 2026, le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) avait estimé que la fermeture prolongée de ce détroit est « la plus grande menace pour la sécurité énergétique mondiale de toute l’histoire ».
Négociations au point mort
Ce durcissement survient en plein ballet diplomatique pour essayer de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, au-delà du cessez-le-feu de deux semaines entré en vigueur le 8 avril entre l’Iran et les États-Unis. Si Trump évoque un « accord imminent », le Conseil suprême de sécurité nationale iranien assure qu’« aucun compromis » ne sera fait.
Le détroit d’Ormuz, cinquante kilomètres de large entre l’Iran et Oman, reste aujourd’hui l’otage d’une guerre des nerfs dont personne ne connaît encore l’issue.
Sources : AFP, France Info, La Presse, Radio-Canada, Le Grand Continent — 18-19 avril 2026
